Actions

Work Header

Rating:
Archive Warning:
Category:
Fandom:
Relationships:
Characters:
Additional Tags:
Language:
Français
Stats:
Published:
2024-11-11
Completed:
2025-03-23
Words:
118,128
Chapters:
16/16
Kudos:
2
Bookmarks:
1
Hits:
353

Succumbing by thebreathbefore- A French Translation by Laemiana

Summary:

Original Story: Succumbing by thebreathbefore

 

Succumbing by thebreathbefore: A Tom Riddle x Nagini Story

 

Translated to French by Laemiana

Merci à laemiana pour la traduction française ! la fic originale est répertoriée ci-dessous, avec les chapitres suivants mis à jour en français au fur et à mesure qu'ils sont terminés.

 

Résumé :

Une histoire sombre et dévastatrice d'amour, de désir et d'obsession,  pour expliquer comment Nagini en est venu à servir aussi fidèlement le sorcier le plus sombre de tous les temps, après avoir provoqué la chute de son prédécesseur des décennies auparavant.

Une histoire tragique sur la façon dont Tom Jedusor et Nagini sont devenus le duo inséparable qu’on voit dans Harry Potter.

Notes:

Contexte :

Dans Harry Potter, Tom a trouvé Nagini dans une forêt d'Albanie, après avoir échoué à tuer Harry . Devenu un petit nuage de fumée survivant à peine en prenant possession de corps de serpents, Tom a pu communiquer avec Nagini en fourchelangue. Le venin du métamorphe a ramené le Seigneur des Ténèbres à la vie. Mais que se serait-il passé si ce n'avait pas été leur première rencontre ? Je me suis posé la question.

Si vous connaissez les Animaux Fantastiques, vous savez que Nagini était une Maledictus, née avec une malédiction du sang, forcée à se transformer en serpent chaque nuit et capable de se transformer à volonté. Elle se produisait dans un cirque dans les années 20  lorsqu'Aurelius Dumbledore (un Obscurus), le neveu d'Albus, les a rejoints et est devenu sont ami. Lorsque Grindelwald est venu les chercher pour les recruter pour rejoindre ses rangs, elle a refusé et a plutôt rejoint Albus Dumbledore et Norbert Dragonneau pour protéger le monde magique et le vaincre.

Je voulais savoir où se trouvait Nagini après avoir contribué à la chute de Grindelwald en 1945 jusqu'à ce qu'elle trouve Voldemort sous la forme d'un serpent entièrement transformé quatre décennies plus tard ? 40 ans de temps ou on ne sait rien.

Et si Tom et Nagini s'étaient rencontrés alors qu'elle n'était encore qu'une belle jeune femme, lui, voulant un serpent métamorphe comme bras droit, comme symbole de son héritage et de sa puissance ? Jedusor en pleine ascension vers le pouvoir, représentant tout ce que Nagini cherchait à détruire avec Grindelwald ?

Comment une femme qui a contribué à la chute du sorcier le plus sombre de l'époque a-t-elle pu servir son successeur  ?

J'avais besoin de réponses.

J'espère que vous en voulez aussi.

 

Contexte, (pas de spoiler) :

 

Nouvel An 1947

Après avoir contribué à la chute de Grindelwald en 1945, Nagini s'enfuit pour éviter les persécutions avec un ami du cirque Arcanus et se retrouva à travailler dans un petit club burlesque à la périphérie des forêts d'Albanie.

Le temps pressait, Nagini manquait de temps et se transformait de plus en plus fréquemment et de manière inattendue en sa forme de serpent. Bientôt, elle se transformerait en serpent... pour toujours.

Tom obtint son diplôme de Poudlard la même année que la chute de Grindelwald et tenta d'obtenir le poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal, que Dumbledore lui refusa. Bien qu'il n'ait pas réussi à obtenir le poste, le maudissant en partant, il quitta Poudlard avec une chose qu'il voulait ce jour-là : l'emplacement du Diadème perdu de Serdaigle. Ironiquement, il se trouvait également dans les bois d'Albanie, où il avait entendu des rumeurs selon lesquelles un métamorphe serpent s'était enfui après la guerre. Sous le choc de ce refus, Tom commença à travailler à Barjow et Beurk, où il avait un accès direct à une infinité d'objets sombres à transformer en horcruxes. Toutes les étoiles semblaient alignées, l'Albanie se devait d’être la prochaine étape sur sa route vers le pouvoir.

Trouvant leurs chemins intrinsèquement liés, Tom et Nagini ont découvert que leur destin était d’être ensemble. Unir leurs forces les sauveraient-ils ou est-ce que cela les condamneraient tous les deux ?

Merci infiniment à tous mes bêtas lecteurs , et à mes innombrables amis qui ont relu ce premier chapitre pour corriger, encourager, rebondir sur des idées... Je vous apprécie plus que vous ne le pensez. Cette histoire n'existerait pas sans vous, j'espère lui rendre justice.

Si vous aimez cette histoire et souhaitez rester informé de cette œuvre et d'autres, suivez-moi sur IG @brooke.ends :)

Chapter 1: L’antre de la bête

Summary:

Une histoire sombre et dévastatrice d'amour, de désir et d'obsession, pour expliquer comment Nagini en est venu à servir aussi fidèlement le sorcier le plus sombre de tous les temps, après avoir provoqué la chute de son prédécesseur des décennies auparavant.
Une histoire tragique sur la façon dont Tom Jedusor et Nagini sont devenus le duo inséparable qu’on voit dans Harry Potter.

Notes:

Contexte :

Dans Harry Potter, Tom a trouvé Nagini dans une forêt d'Albanie, après avoir échoué à tuer Harry . Devenu un petit nuage de fumée survivant à peine en prenant possession de corps de serpents, Tom a pu communiquer avec Nagini en fourchelangue. Le venin du métamorphe a ramené le Seigneur des Ténèbres à la vie. Mais que se serait-il passé si ce n'avait pas été leur première rencontre ? Je me suis posé la question.
Si vous connaissez les Animaux Fantastiques, vous savez que Nagini était une Maledictus, née avec une malédiction du sang, forcée à se transformer en serpent chaque nuit et capable de se transformer à volonté. Elle se produisait dans un cirque dans les années 20 lorsqu'Aurelius Dumbledore (un Obscurus), le neveu d'Albus, les a rejoints et est devenu sont ami. Lorsque Grindelwald est venu les chercher pour les recruter pour rejoindre ses rangs, elle a refusé et a plutôt rejoint Albus Dumbledore et Norbert Dragonneau pour protéger le monde magique et le vaincre.
Je voulais savoir où se trouvait Nagini après avoir contribué à la chute de Grindelwald en 1945 jusqu'à ce qu'elle trouve Voldemort sous la forme d'un serpent entièrement transformé quatre décennies plus tard ? 40 ans de temps ou on ne sait rien.
Et si Tom et Nagini s'étaient rencontrés alors qu'elle n'était encore qu'une belle jeune femme, lui, voulant un serpent métamorphe comme bras droit, comme symbole de son héritage et de sa puissance ? Jedusor en pleine ascension vers le pouvoir, représentant tout ce que Nagini cherchait à détruire avec Grindelwald ?
Comment une femme qui a contribué à la chute du sorcier le plus sombre de l'époque a-t-elle pu servir son successeur ?
J'avais besoin de réponses.
J'espère que vous en voulez aussi.

Contexte, (pas de spoiler) :

Nouvel An 1947
Après avoir contribué à la chute de Grindelwald en 1945, Nagini s'enfuit pour éviter les persécutions avec un ami du cirque Arcanus et se retrouva à travailler dans un petit club burlesque à la périphérie des forêts d'Albanie.
Le temps pressait, Nagini manquait de temps et se transformait de plus en plus fréquemment et de manière inattendue en sa forme de serpent. Bientôt, elle se transformerait en serpent... pour toujours.
Tom obtint son diplôme de Poudlard la même année que la chute de Grindelwald et tenta d'obtenir le poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal, que Dumbledore lui refusa. Bien qu'il n'ait pas réussi à obtenir le poste, le maudissant en partant, il quitta Poudlard avec une chose qu'il voulait ce jour-là : l'emplacement du Diadème perdu de Serdaigle. Ironiquement, il se trouvait également dans les bois d'Albanie, où il avait entendu des rumeurs selon lesquelles un métamorphe serpent s'était enfui après la guerre. Sous le choc de ce refus, Tom commença à travailler à Barjow et Beurk, où il avait un accès direct à une infinité d'objets sombres à transformer en horcruxes. Toutes les étoiles semblaient alignées, l'Albanie se devait d’être la prochaine étape sur sa route vers le pouvoir.
Trouvant leurs chemins intrinsèquement liés, Tom et Nagini ont découvert que leur destin était d’être ensemble. Unir leurs forces les sauveraient-ils ou est-ce que cela les condamneraient tous les deux ?
Merci infiniment à tous mes bêtas lecteurs , et à mes innombrables amis qui ont relu ce premier chapitre pour corriger, encourager, rebondir sur des idées... Je vous apprécie plus que vous ne le pensez. Cette histoire n'existerait pas sans vous, j'espère lui rendre justice.
Si vous aimez cette histoire et souhaitez rester informé de cette œuvre et d'autres, suivez-moi sur IG @brooke.ends :)

Chapter Text

 

Succumbing Cover: Art by Viticula, Cover by briarandbone

Gorgeous cover art by Viticula, cover by briarandbone <3

 

Des portes en bois ornées s'ouvraient sur un antre d'iniquité, de péché incarné.

Une odeur d'encens enivrante envahissait l'espace et, combinée aux fumées de cigarettes suffocantes qui s'accumulaient au plafond, elle créait une ambiance éthérée dans le club. La teinte écarlate des lumières qui traversaient le nuage de fumée créait l'illusion que l'on était descendu tout droit en enfer, dans les profondeurs obscures du monde souterrain.

Le Dante était plein à craquer, tous les billets déjà vendus. L'espace était luxueux, mais intime. Du velours rouge sang recouvrait tous les coussins, et des rideaux assortis s'accumulaient au sol, comme une hémorragie suite à une blessure mortelle.

Des sorcières et des créatures légèrement vêtues se mêlaient à la foule, assises sur les genoux des clients ou agenouillées à leurs pieds. Détournant son regard pour éviter d'attirer leur attention, ses yeux se posèrent sur le champagne qu'il versait dans une tour de flûtes au centre de la salle. Les invités s'emparaient d'un verre en passant, tout en se trouvant une place. Des portraits vivants bordaient les murs, chacun agissant selon son propre fantasme dépravé, avec certains des clients qui participaient activement à leurs côtés.

Le bar clandestin respirait la nostalgie des années 1920, l'entrée étant cachée dans la cave sous l'église de la ville.  Quel sacrilège  , sourit-il. Même le mot de passe pour entrer et l'emplacement du club étaient révélés exclusivement grâce au bouche à oreille. Soudoyer le barman local s'était avéré plus difficile que prévu. Ils prenaient clairement au sérieux le secret de leur club.

Mais tout le monde avait un prix.

Déguisé sous sa cape, il se dirigea langoureusement vers le coin arrière de la pièce, trouvant sa table assignée. Un observateur secret et silencieux, enveloppé dans l'obscurité. Ce soir, il avait besoin d'une vue dégagée et complète, tout en passant inaperçu.

Bien qu'il se trouve à près de deux mille kilomètres de chez lui, les gens avaient tendance à le remarquer partout où il allait. Il était grand, en forme et conventionnellement attirant, même si ce n'était pas exceptionnel, avait-il conclu. Il n'était pas difficile de remarquer la façon dont il affectait les autres depuis qu'il avait quitté Poudlard près de trois ans auparavant.

Personne ne pouvait ignorer l'héritier de Salazar Serpentard. Les sorcières et les sorciers ne pouvaient faire abstraction de l'attraction magnétique de  Tom Elvis Jedusor  .

Il arriva à la table avec un « 3 » scintillant à la lueur du feu sur l'élégant marque-place. Tom lissa les plis de son pantalon et s'installa dans son siège rembourré avec seulement une lanterne et un cendrier doré devant lui. Il éteignit la flamme et ferma son esprit, rangeant ses pensées encombrées comme des livres dans une bibliothèque, en les organisant par genre.

Ce soir, il devait se fondre dans l’ombre. Personne ne savait qu’il était là, et il était essentiel que cela reste ainsi. Personne ne devait apprendre son plan, ce qui l’avait vraiment amené en Albanie. La gravité de la situation ne lui échappait pas. Tom devait quitter le pays avec tout ce qu’il était venu chercher, il n’y avait pas d’autre choix. La prochaine étape de son plan tournait autour de ces deux éléments clés. Livre après livre, des détails cruciaux se classaient selon l’urgence et la pertinence dans ses étagères mentales.

Un diadème caché dans le creux d'un vieux pin noir lui vint à l'esprit et il le rangea rapidement, n'importe qui ici pourrait essayer de lire ses pensées. Il rigola sombrement pour lui-même, il aimerait les voir essayer. Bien qu'il soit un maître Occlumens, penser au diadème ne serait pas sage jusqu'à ce qu'il soit en route vers la forêt. Demain. À condition que les événements de ce soir se déroulent comme prévu.

Ce soir, la priorité c'était elle.

Une émotion inconnue monta dans la poitrine de Tom.

De l’ardeur?

De l’appréhension?

Il était  nerveux  .

Le dégoût de lui-même l'envahit, lui retournant l'estomac. L'héritier de Salazar Serpentard était au-dessus de telles insécurités et de telles folies. Inspirant profondément par le nez, expirant par la bouche, il se rappela son chemin, sa destinée… Lord Voldemort. Bientôt, il serait invincible. Immortel. Le Seigneur des Ténèbres ne serait plus accablé par la peur qui consumait désormais toutes ses pensées et tous ses cauchemars. La peur de la mort, la peur de l'échec.

L'étape suivante de son plan était de persuader le serpent-garou de rejoindre ses rangs en tant que Mangemort. Un Mangemort au-dessus de tous les autres... Pour se tenir à ses côtés, symbole de son héritage, de son droit de naissance.

Mais il n'avait aucune idée de la façon dont il gérerait l'interaction une fois qu'il lui parlerait en privé. Ou même de la façon dont il aurait la chance de lui parler en privé. Tom était sûr de pouvoir convaincre la métamorphe de devenir son alliée, il pouvait se montrer très...  persuasif  . Apprendre les manières des sorcières était devenu une priorité à mi-chemin de son séjour à Poudlard : il avait appris la façon de converser poliment avec elles, de les courtiser, de coucher avec elles.

En quatrième année, il avait commis le grave faux pas social de ne pas inviter Cynthia Greengrass au bal de Noël alors qu'elle s'y attendait, bien que lui-même n'ait pas prévu d'y assister. Il fut évité par ses pairs de Serpentard pendant des semaines, et passa toute la durée du bal à faire des recherches dans la bibliothèque. Ayant carte blanche dans Réserve pendant le bal, il plongea son nez dans tous les ouvrages qui faisaient allusion à la cour, à l'amour, à la luxure, à l'interaction avec le sexe opposé. Il avait quitté la bibliothèque ce soir-là en sorcier transformé, et avait mis ses nouvelles connaissances à l'épreuve très vite.

Il était sûr de ne jamais reproduire cette erreur. Il apprenait vite, non par intérêt, mais par nécessité. Il retenait ensuite les signaux de chaque partenaire : la façon dont le corps vous dit les choses que l’esprit ne dirait jamais…

Les sorcières représentaient environ la moitié de la population et finiraient par constituer une partie des rangs des Mangemorts. Il devait être capable de les comprendre, de les manipuler, aussi bien que leurs homologues sorciers. Tom n'avait jamais partagé le sentiment de ses pairs misogynes selon lequel les sorcières étaient inférieures aux sorciers. Il avait vu des sorcières brillantes surpasser les sorciers à maintes reprises. Il y avait bien plus de sorcières parmi les meilleures de leur classe. Des sang-purs, des sang-mêlés et des sangs-de-bourbe.

Non pas qu'il l'admettrait un jour... Non.

Ces imbéciles pompeux dirigeaient le monde des sorciers, et leur soutien reposait sur le fait que Tom crachait la même bigoterie, la même haine. Et c'est ce qu'il fit. Devenir le Seigneur des Ténèbres nécessitait beaucoup de politique, et la séduction y jouait un grand rôle. Séduire ses disciples avec ses croyances, sa vision, son esprit, son corps. Tout ce dont on avait besoin. De nombreuses sorcières, et quelques sorciers, l'avaient préparés à ce moment.

Tom n'était pas contre l'idée de soumettre tout le monde ici au sortilège de l'Imperium, mais il avait besoin qu'elle vienne de son plein gré. Il exigeait de la loyauté et de la fidélité, et cela devait être gagné.

Un informateur lui avait dit que la métamorphe-serpent avait aidé à faire tomber Grindelwald aux côtés de Dumbledore et de son neveu, qui étaient avec elle dans ce cirque. Elle avait été brutalement maltraitée, négligée et contrainte de se transformer en bête pendant des années. Elle fut forcée de fuir pour éviter de nouvelles persécutions après la chute de Grindelwald. Dumbledore n'avait pas réussi à la protéger, tout comme il avait échoué à protéger Tom.

C'était peut-être là son point de vue.

Le pouvoir ne semblait pas être sa force motrice, en dépit de ses capacités. Elle se battait pour la justice des faibles, pas pour l'élite. Les idéaux de ses camarades Mangemorts provoqueraient des conflits, prévoyait-il. Il ne pouvait pas l'approcher en tant que Voldemort ou même en tant que Seigneur des Ténèbres. Il devait être Tom Jedusor, un orphelin rejeté par Dumbledore, en quête d'affection et de compagnie. En lui offrant protection et soins, il pouvait lui donner tout ce qui lui avait manqué toutes ces années.

Un ricanement se dessina sur son visage immaculé, imaginant les promesses murmurées qui allaient suivre. Un rôle si facile à jouer pour lui. Tom avait commencé à collectionner des objets puissants et des bizarreries au cours de ses années à Poudlard, et ce prix serait sa plus grande aubaine à ce jour.

L'héritier de Salazar Serpentard, un Fourchelangue, régnant sur le monde avec un serpent métamorphe à ses côtés… les sorciers étaient des créatures très visuelles. Le symbolisme serait trop fort pour être ignoré.

La peur que cela susciterait…  délicieux  .

Le sexe tressaillant à cette pensée, Tom se déplaça sur son siège tandis qu'une rougeur montait le long de sa nuque, s'échappant de son col. Continuant à parcourir le club pour détourner son attention ailleurs, un scintillement sur le mur à côté de lui attira son attention. Un miroir en laiton était suspendu directement à sa gauche, rempli de silhouettes brumeuses qui se frayaient un chemin vers la surface du cadre, l'air de plus en plus sinistre. Affamés.

Une glace à l’ennemi  .

 

La seule autre qu'il connaissait était exposé dans la vitrine de Barjow et Beurk. Il était étrange qu'ils en aient une à l'air libre comme celle-ci, peut-être ne savaient-ils pas ce qu'ils possédaient ? Il ne pouvait pas imaginer que le client moyen ait beaucoup d'ennemis, voir aucun. Peut-être que cela leur apparaissait comme un miroir standard.

Les ennemis restaient flous et indéterminés, suggérant qu'aucun n'était à proximité. Car personne ne savait où il se trouvait, pas même ses plus proches lieutenants. Le nombre d'adversaires présents exaspérait Tom, la fureur menaçait de l'étouffer. Dans sa quête de gloire, de célébrité, d'immortalité, il n'avait jamais imaginé une telle résistance de la part des foules.

Peu de gens avaient une soif de connaissances aussi insatiable que lui. Personne n'avait autant soif de l'élixir de longue vie. Ses Chevaliers, ses Mangemorts, le soutenaient fidèlement. Mais il n'avait pas vraiment de camarade, pas d'égaux. Tom était livré à lui-même pour se mettre au défi, pour repousser seul les limites de la magie. Parfois, cela le laissait sur sa faim.

Il serra les mâchoires et fit craquer son cou, ses yeux continuant à parcourir avec curiosité le périmètre du club. Il n’avait jamais assisté à un spectacle burlesque auparavant. Les plaisirs de la chair ne l’intéressaient pas ou peu, à moins qu’ils ne servent un but plus noble. Pendant que ses Mangemorts se souillaient avec des sorcières de mauvaise réputation, de sang-mêlé ou de créature pour ceux aux fantasmes les plus sombres, il se faisait des relations importantes dans les arrière-salles de ces établissements miteux. Bien sûr, il lui arrivait de se masturber, mais c’était purement mécanique. Faire le vide dans son esprit était nécessaire pour un Occlumens. S’il devait être le sorcier le plus puissant du monde, il était toujours en proie aux besoins biologiques de l’homme. Pour l’instant. Séduire sorcières et sorciers autour de lui pour obtenir ce qu’il voulait n’était qu’un moyen pour parvenir à ses fins.

En parlant de moyen pour arriver à ses fins… Un frisson de dégoût le parcourut en imaginant Hepzibah Smith, un autre problème qui devait être réglé à son retour. Un problème qui lui faisait monter la bile à la gorge. Mais s’étouffer avec de l'acide valait bien les trésors qu'il recherchait et Hepzibah les tenait fermement dans ses griffes. Se liant d'amitié grâce à leurs circonstances communes en tant que descendants des fondateurs de Poudlard, bien que sa maison soit bien moins prestigieuse, il avait réussi à se frayer un chemin jusqu'à chez elle et dans son bureau. Avant de partir pour l'Albanie, il avait failli la convaincre de lui léguer la Coupe de Poufsouffle et le Médaillon de Serpentard, mais elle était une vieille femme solitaire qui accordait à ses bibelots presque autant de valeur que lui… Tom était prêt à faire n’importe quoi, même l’impardonnable pour les obtenir.

Si amener la vieille Hebzibah au lit était ce qu'il devait faire pour sécuriser ses deux prochains horcruxes, alors il coucherait avec elle. Même si elle avait été jeune et belle, les seules constantes qu'il avait remarquées dans ses… préférences… étaient liées au pouvoir… à la douleur… au contrôle. Rien ne faisait gonfler son sexe plus rapidement qu'un Endoloris prolongé, ou quelqu'un implorant le Seigneur des Ténèbres pour qu'il lui fasse miséricorde. Le sexe était un pouvoir. Et il ne faisait jamais ça sans but.

Un couple passa à côté de lui à ce moment-là, la sorcière lui adressant un sourire réservé tandis qu'elle effleurait son genou avec le sien, puis s’asseyait gracieusement à la table voisine. Saisissant discrètement sa baguette dans sa poche, il lança un sort de désillusion dans sa direction. Il ne pourrait pas se concentrer sur la tâche à accomplir s'il était occupé à ignorer les avances de cette sorcière pendant toute la durée de la représentation.

Tom tira plus fort sur sa cape pour couvrir ses sombres pulsions,  tandis qu'un gémissement fort et féminin emplissait ses oreilles. Se tournant vers la source du son, il découvrit qu'il provenait d'un vieux portrait encadré sur le mur derrière lui. Une représentation d'une scène lascive, un sorcier agenouillé entre les jambes d'une sorcière, le visage niché au sommet de celles-ci. Observant impartialement les soupirs et les gémissements s'intensifier, un serveur qui passait lança un Silencio au cadre, complètement imperturbable. Tom supposa que les autres devraient être réduits au silence pour le spectacle, en tout cas il espérait qu'ils le feraient. Comment pouvait-il se concentrer alors que les gémissements d'un orgasme résonnaiten à ses oreilles ? 

Par Merlin.

Un petit lutin vert apparut aussitôt à quelques centimètres de son nez, Tom sortit sa baguette par réflexe. La créature demanda calmementt, bien qu’un peu ivre : « Dëshironi një pije, zotëri ? »

Un sort de traduction frappa le lutin hébété et il répéta à Tom dans un anglais grinçant et maladroit : « Voulez-vous boire un verre, monsieur ? » Il laissa le sort actif, pour bénéficier de sa traduction pour le reste du spectacle.

Rangeant sa baguette et s'enveloppant dans les profondeurs de sa cape, il répondit d’un ton grinçant : « Aeternum… si tu en as. »

Le lutin hésita, clignant lentement avec ses grands yeux, hocha la tête une fois et disparut dans un « pouf ». Un gobelet en or rempli d'alcool rouge sang apparut quelques instants plus tard à portée de main.

Boire n'était pas sa préoccupation ce soir-là, mais maintenant il semblait que le destin en avait décidé autrement. Tom ne buvait jamais assez pour perdre le contrôle en présence des autres , pour toujours rester en pleine possession de ses moyens. Il ne donnerait jamais à personne ce pouvoir. Le calice était lourd dans ses mains alors qu'il prenait une grande gorgée. Après sa première gorgée chez les Malfoy alors qu'il était à leur manoir pour Noël avec Abraxas en sixième année, il n'avait plus jamais voulu boire d'alcool. « Aeternum », La boisson de la vie éternelle. Les yeux fermés, il la savoura, aspirant le liquide visqueux entre ses dents. Si seulement cela lui apportait vraiment l'éternité qu'elle promettait.

« Mesdames et messieurs, veuillez prendre place, le spectacle est sur le point de commencer », coupa une voix grave, un sorcier grisonnant et mal fagoté retira sa baguette de sa gorge sur scène, mettant fin au Sonoross qui amplifiait sa voix.

Au moment où il allait remettre l'Aeternum sur la table, les rideaux commencèrent à se lever. Et d’un coup,sa vision fut inondée.

Une baguette magique s'est allumée et a écrit en feux d'artifice : « BONNE ANNEE », les lettres ont clignoté et brillé.

Joyeux anniversaire, Tom  . Il regarda les veines qui bordaient ses mains tandis qu'elles berçaient le verre presque plein, le ramenant à ses lèvres lorsque le rugissement du club le sortit de ses pensées tourbillonnantes.

La foule était en délire. 1947 était révolu.

Plus de deux ans se sont écoulés depuis qu'il a obtenu son diplôme, et qu'a-t-il pu montrer à ce jour ?

Travailler à Barjow et Beurk était un tournant inattendu après le rejet… non prévu… du poste de Défense contre les Forces du Mal à Poudlard. Bien que Dumbledore soit conscient des penchants de Tom, il avait prouvé sa valeur dans cette école. Il avait obtenu les meilleures notes dans toutes ses matières, les ASPIC dans chacune d'entre elles. Il avait même été préfet et préfet en chef. Il avait assisté à tous les derniers engagements du club de Slug et avait reçu des tas de récompenses à l’école. Il n'avait jamais eu de retenue, ni même de tape sur les doigts.

C'était personnel.

 

La rage envahit ses sens au souvenir de lui maudissant ce poste alors qu'il quittait le bureau de Dumbledore, mais il avait quand même accompli ce pour quoi il était venu à cet entretien. Découvrir l'emplacement du diadème perdu. Utiliser son esprit et son charme sur le fantôme de Serdaigle avait été sans effort. Il ressentait presque de la sympathie pour cette âme piégée. Presque.

Tom savait quelles choses il souhaitait avoir en 1948. L'une d'elles se trouvait dans cette pièce et l'autre était presque en sa possession. Bientôt.

Le feu d'artifice disparut, laissant derrière lui les silhouettes des danseurs burlesques dans une lumière émeraude profonde, figés dans des poses sur la scène, tels des marionnettes sans vie attendant que leurs ficelles soient tirées. Son cœur s'emballa, il pouvait l'entendre palpiter dans ses oreilles.

Elle était là. Il le sentait.

Une mélodie hypnotisante résonna dans la salle, les poupées prenant vie au premier accord. Les corps se tordaient sensuellement dans des corsets et des collants à baleines, se balançant au rythme de la musique. La foule était en transe, on avait l'impression que tous les clients retenaient collectivement leur souffle en regardant la scène se dérouler. Il restait immobile comme une statue sur son siège, ses yeux la cherchant méthodiquement parmi les danseurs.

Mais laquelle était-elle ?

Son nom et son apparence de base avaient été mentionnés lors de la discussion sur la saga de la chute de Grindelwald, mais cela pourrait être la moitié des sorcières présentes, passant leurs doigts le long de leurs cuisses, regardant la foule lascivement.

Sept femmes, a-t-il noté. Le chiffre le plus puissant. Comme c'est approprié.

Les sorciers sifflaient comme des loups et il ne pouvait s'empêcher de lever les yeux au ciel, ils étaient si... prévisibles. Leurs désirs si banals. Si triviaux. Le sexe. L'argent. Il les considérait tous deux comme des moyens nécessaires pour parvenir à une fin. Le pouvoir était son jeu, et il avait l'intention de le gagner.

Trois danseurs saisirent ce qui semblait être des parapluies moldus, les ouvrant tandis qu'ils flottaient délicatement au-dessus du sol. Le maître d'hôtel chorégraphia leur mouvement, ascendant comme un chef d'orchestre avec une symphonie, sa baguette lançant un  Leviosa  depuis le côté de la scène. Ils continuèrent leurs mouvements salaces dans l'intention d’attirer l’intention des danseuses. Des yeux vert foncé, semblant presque entièrement noirs dans la semi-obscurité, percèrent les siens depuis le centre de la scène. Des yeux qui le regardaient intensément sans rompre le contact.

C'était elle, il le sentait dans son âme. Ce qu'il en restait, en tout cas.

Quelque chose en elle l'appelait dans cette salle de débauche. Le reste du spectacle, la foule, tout cela s'est évanoui.

Te voilà…  Nagini.

Un corset en soie vert jade serrait sa silhouette élancée. Un petit short noir qui ressemblait davantage à un sous-vêtement était relié à des bas noirs montant jusqu'aux cuisses avec une jarretière pour couvrir sa moitié inférieure. Les bas bougeaient et, à la lumière, on pouvait voir un serpent opalescent glisser comme par magie le long de l'arrière de ses deux jambes, chaque écaille scintillant dans la pénombre enfumée. Un haut-de-forme ornait sa tête tandis que sa crinière d'onyx pendait en un drap droit dans son dos. Ses yeux étaient du vert des arbres de la Forêt interdite, sa peau fauve brillait sous les lumières de la scène. C'était une créature exceptionnelle. Et elle le regardait, tout aussi transpercée.

La connexion de leurs regards était électrique. La chaleur parcourait ses veines jusqu'à son cœur, qui semblait lié au sien par un fil. Partout où Nagini se déplaçait, il sentait une attirance pour la suivre. La poitrine de Tom battait d'excitation sans retenue, tout semblant de contrôle qu'il avait réussi à obtenir avec son Occlumencie brûlé par le feu qui faisait rage dans son corps. 

Un sourire jubilatoire et sinistre apparut malgré lui sur son visage, tandis qu'un fauteuil  était invoqué de nulle part au centre de la scène. Le charme entre eux fut rompu lorsque Nagini se tourna pour se diriger vers le siège et se déplaça avec souplesse pour s'appuyer sur le bord. Elle ressemblait toujours au serpent prêt à frapper, avec les lumières vertes qui brillaient doucement sur sa peau parfaite et sans tache. Quatre sorcières l'entouraient,une de chaque côté qui se mouvaient sur le sol. Chacune portait moins de vêtements que la précédente. Nagini était clairement la star, le joyau de la couronne de leur collection. Bientôt la sienne.

Elle ouvrit ses jambes de manière suggestive, fit glisser chaque pied en arrière, appuyant un genou sur chaque bras du fauteuil. Grand ouvert pour que la foule puisse le voir. Le sourire disparut du visage de Tom, alors que ses yeux se fixaient à nouveau sur les siens. Ses mains glissèrent de sa gorge à son ventre, couvertes seulement par ce satané short,qui disparut presque quand elle s'assit. Tom rougit, sa respiration devenant plus difficile.

Ses mains effleurèrent sa poitrine. Et bouton après bouton, ses doigts agiles dégrafèrent le devant de son corset.

La poitrine haletante, Tom but gloutonnement son Aeternum pendant toute la durée de son voyage le long de son torse, savourant qu'il soit aussi long. Atteignant le dernier bouton, elle jeta la soie sur le côté. Seuls ses tétons restèrent couverts de confettis argentés.

Comme c'est kitsch.

Ses seins n’étaient pas gros, mais ils semblaient suffisamment volumineux pour remplir ses mains.

Remplir ses mains ? Putain de Salazar.

Jamais de sa vie il n'aurait imaginé faire quelque chose de vaguement… charnel… avec une sorcière sans aucune sorte de magie noire ou de manipulation.

Le bout des doigts descendit le long de ses cuisses jusqu'à ses genoux, où elle dégrafa ses jarretières, sans jamais rompre son regard. Se penchant d'un côté à l'autre pour dégrafer les attaches de ses talons hauts, elle les jeta vers la foule en adoration. Un sorcier à l'avant en saisit un, le brandissant pour se vanter avec exultation devant ses pairs. Avec un sourire narquois, Nagini se tourna vers le spectateur et lui lança un clin d'œil. Un sourire effronté envahit son visage. Il chancela, pourquoi cela le rendait-il si... furieux. Il ne connaissait pas encore cette sorcière. Aucune emprise n’était encore détenue sur elle... Et pourtant elle... elle... l'affectait.

Il saisit le calice, versa le reste de l'Aeternum dans sa gorge et le posa avec force sur le bois de la table. Il se remplit de lui-même.

Lutin intelligent.

 

Tom se ressaisit, enfonça ses doigts crispés dans ses cuisses rigides avec une poigne meurtrie et reporta son regard sur l'endroit où Nagini retirait lentement le tissu qui lui montait jusqu'à la cuisse d'une jambe, laissant derrière elle une chair non dissimulée. La foule roucoulait pour l'encourager à continuer. Lui lançant un regard lubrique, sa bouche s'ouvrit légèrement comme si elle était surprise alors qu'elle croisait sa jambe encore habillée sur la jambe nue. Lui rendant son regard intense, elle retira lentement l'autre bas.

La chaleur devenait étouffante.

Est-ce qu'il faisait plus chaud ?

Ce doit être ces maudites lumières.

Un sort de refroidissement, il avait besoin d'un sort de refroidissement. Il s'essuya discrètement le front avec la manche de sa cape alors qu'elle détournait le regard vers une acclamation particulièrement forte et il fouilla dans sa poche pour chercher sa baguette. Le même lutin apparut près de son oreille, "Aucune baguette ne doit être utilisée pendant la représentation, monsieur", le réprimanda-t-il, et disparut avant qu'il ne puisse écraser la créature entre ses paumes. Il allait s'enflammer.

Il se débarrassa de sa cape, élargit sa posture et déboutonna ses manches, les remontant brusquement jusqu'à ses coudes. Tom posa ses avant-bras sur la table, croisant les doigts en forme de cloche. Cette sorcière avait accaparé son attention comme aucune autre. Il avait créé son monde en étant charmant, magnétique, et il était en train de s’effondrer. Et le pire, c'est qu'elle semblait se délecter de son inconfort. Elle allait payer pour cela, sa queue s'agita à cette pensée.

Torse et jambes nues, avec seulement son short misérable pour la maintenir vaguement pudique, l'enchanteresse se leva soudainement au rythme de la mélodie envoûtante, et se balança, tournant jusqu'au bord de la scène. À chaque seconde qui passait, Tom se retrouvait à se pencher davantage en avant, atteignant le bord de son siège. Ce même fil invisible qui les reliait vibrait de sa tension incassable. Car autant il croyait en la divination, l'alchimie, la numérologie, l'arithmancie... autant il avait l'impression d'accomplir son destin.  Elle  était son destin.

Était-ce cet autre côté qui l’appelait ainsi ?

Tombant à genoux, sensuellement, la chanson ralentit. Il était possédé. Son souffle s'arrêtait à chacun de ses mouvements. Tenant son haut-de-forme sur le côté, elle tourna la tête, déployant ses cheveux autour d'elle. Elle fit rouler son corps, se retournant complètement pour faire face à l'arrière de la scène, regardant par-dessus son épaule d'un air suffisant. Droit dans sa direction.

Avec une déchirure sur un côté, le short tomba, laissant apparaître des fesses rebondies au-dessus de sous-vêtements en dentelle transparente très révélateurs. Des halètements résonnèrent dans tout le club, des acclamations émanant de tous les coins de la salle. Et juste au moment où Tom pensait qu'il n'y avait plus d'air dans ses poumons, elle se pencha. Les sous-vêtements étaient fendus dans le dos, avec seulement une traînée de perles le long de son corps. Tout était exposé.

Une cacophonie de sons explosa chez Dante, les sorciers debout applaudissaient avec un enthousiasme embarrassant, les sorcières rougissaient sur leurs sièges, et Nagini le regardait à travers tout ce bruit, un air de pur triomphe sur son visage.

Est-ce qu'elle le défiait ?

C'était presque comme si elle connaissait ses intentions et lui disait avec son regard  : Je suis un prix à gagner, Tom Jedusor.

Les deux mains agrippant sa nuque, les coudes écartés, il haussa les sourcils et inclina la tête en signe d'acquiescement. Nagini avait clairement fait comprendre que son acquisition ne serait pas simple. Mais Tom avait toujours aimé les défis.

En se balançant d'un côté à l'autre, elle rampa vers sa chaise au centre de la scène. Quelque chose dans la soumission du mouvement, dans son défi simultané, fit que sa queue se raidit encore plus dans son pantalon. Cela le mit mal à l'aise.

Méchant petit serpent.

Il expira brusquement, laissa tomber ses bras et se lança vers son verre, avalant le reste du gobelet. Aspirant le reste du calice entre ses dents, il semblait que du sang coulait de ses gencives, tant sa bouche était tachée de rouge. Une serveuse qui passait par là tressaillit visiblement à la vue de ce spectacle, baissa les yeux et se retourna brusquement pour prendre le chemin le plus proche pour s'éloigner de Tom.. Un sourire irrévérencieux se dessina sur son visage, l'alcool coulant dans ses veines. L'ironie était risible... Voldemort était tout puissant, mortel, et il était là, perturbé par une sorcière. Une sorcière tout à fait remarquable, cela dit.

Un ricanement s'échappa de ses lèvres alors que les sorcières aériennes commençaient leur descente vers la scène, ce devait être la fin de son spectacle. De l’Aeternum apparut, remplissant à nouveau son verre et il le poussa sur la table, il en ressentait déjà les effets. Salazar, il avait besoin de se ressaisir avant qu'elle ne quitte la scène. Il devait être l'image même de la bienséance et du contrôle lorsqu'il lui parlerait seul à seul.

Seul.

Il ferma les yeux et respira profondément, tentant de se ressaisir pour retrouver son calme. Un sifflement fort le sortit de sa rêverie, Tom faillit tomber du bout du siège. Se demandant si c'était elle qui faisait ce bruit, il aperçut un magnifique serpent brun et noir qui apparut au-dessus de Nagini. La métamorphe était perchée, les deux bras complètement étendus. Leurs regards se fixant, Nagini et Tom sourirent tous deux méchamment.

Elle n'est pas le serpent dans ce spectacle, mais ils doivent savoir pour son… don.

Elle se lécha les lèvres et leva les bras, le serpent glissa sur ses biceps, s'étendant derrière sa tête, passant d'une main à l'autre. L'énergie dans la pièce avait atteint de nouveaux sommets alors que le serpent s'enroulait autour de ses membres et de son cou, semblant indifférent et à l'aise sur elle, malgré le bruit de la foule. Très subtilement, il pouvait la voir lui murmurer des mots cajoleurs, il pouvait presque lire sur ses lèvres.

Du fourchelang.

Remarquant qu'il observait ses lèvres, elle se leva et se tourna vers la pièce pour la voir sous tous les angles. Le désir brûlait dans son ventre, et plus bas, alors qu'elle pivotait. Il y avait un feu en elle qui allumait quelque chose en lui. Il ne la voulait pas seulement maintenant, il avait besoin d'elle. C'était une sensation enivrante… consommation d'Aeternum mise à part.

L'accord était comme écrit dans son esprit avec du sang. Il devait l'avoir. C'était terrifiant d'avoir quelque chose à perdre. Après un dernier tour vers la foule, elle s'inclina, cette fois sans le regarder, et en un clin d'œil, elle transplana avec le serpent, ne laissant derrière elle que ses vêtements abandonnés. L'une des danseuse aérienne descendit complètement pour commencer sa routine, et lorsque son premier orteil toucha le sol, le fauteuil que Nagini avait utilisé disparut. L'intensité de leur connexion fut coupée, mais il pouvait toujours sentir qu'elle était à proximité.

Tom se leva rapidement et se dirigea vers les portes de la scène, jetant sa cape sur lui et se désillusionnant en passant. S'il y avait des sorts de protection ou de sécurité, il ne les rencontra pas. Le couloir sombre était bordé de candélabres, chaque porte entrouverte de la loge peignait le plancher en planches de bois d'une bande de lumière. Les poutres apparentes au-dessus de lui étaient jonchées de toiles d'araignées, flottant dans la brise du couloir.

Désillusionné et restant dans l'ombre, il dépassa les premières pièces et se dirigea vers le couloir. Le maître d'hôtel sortit d'un placard à balais juste devant Tom. Instinctivement, Tom lui lança un Confundo silencieux. L'annonceur du début de l'émission se retourna rapidement et se dirigea directement vers le placard d'où il était parti. Sans s'en rendre compte. La porte claqua derrière lui, laissant le couloir merveilleusement vide.

Passant de porte en porte, les artistes, sorciers et créatures, assis devant des coiffeuses, se maquillaient avec des baguettes et des griffes et riaient entre eux, enfilant des tutus et des talons hauts.

Ce couloir infernal n'allait jamais finir.

Les vestiaires s'alignaient des deux côtés du hall, nom après nom, pas celui qu'il recherchait. Soudain, l’une d’elle  attira son attention droit devant. S'arrêtant, il occulta son esprit. Ralentissant ses pas et son cœur, il organisa ses étagères mentales, mettant en avant tout ce qu'il savait sur Nagini et son plan pour la persuader de rejoindre ses rangs. Le tact était essentiel dans cette prochaine tâche, ce n'était pas n'importe quelle sorcière. Tom le savait en entrant ici, et c'était encore plus évident maintenant.

Nagini avait combattu aux côtés de Dumbledore.
Elle avait aidé à vaincre Grindelwald.
Elle se transformait en serpent chaque nuit par la force, mais pouvait se transformer à volonté.
Elle était dangereuse.
Elle était puissante.
Elle était tout ce dont il avait besoin à ses côtés, le symbole parfait de son héritage et de sa puissance.

Le temps était compté et la séduction devait être parfaite. Tom ajusta sa cravate, abaissa sa capuche, afficha un sourire désarmant sur son visage et frappa poliment à la porte. Comme si l'heure précédente n'avait pas eu lieu. Des pas traînants résonnèrent de l'autre côté avec un « Un instant ! » et la porte s'ouvrit en grinçant.

Toute intention s'enfuit de son esprit alors que Nagini se tenait devant lui, une main délicate sur la porte, l'autre tirant sa robe de chambre pour la couvrir davantage, le décolleté en V profond attirant son attention malgré tous ses efforts, même s'il ne l'avait vue que vêtue de caches-tétons et de dentelle transparente quelques instants auparavant. De la soie noire comme la nuit s'accrochait et coulait sur son corps comme de l'encre sur une page, le tissu ne laissant rien à l'imagination, le rendant muet.

Tout le sang quitta le visage de Tom et retourna directement dans son sexe, il commençait à envier les eunuques. Il baissa poliment la tête et détourna le regard. Remerciant Circé, il avait une cape couvrant son pantalon.

« Toi. » Elle sourit d’un air entendu, curieux.

Elle l’avait donc remarqué, il n’avait pas mal interprété son intérêt.

Lui rendant son sourire, il revêtit le masque de l’irrésistible gentleman et commença sa subtile séduction : « Je m’excuse de cette intrusion, madame, je voulais seulement vous exprimer mon admiration pour votre prestation. J’ai voyagé loin et je vous suis redevable d’avoir rendu mon voyage gratifiant. C’était ma première prestation burlesque et je peux vous assurer que je n’ai pas été déçue. »

Des mots pleins d'insinuations et de suggestions, son regard semblait déterminé, résolu. Fixe. Pas d'une manière lascive, d'une manière qui donnait l'impression qu'il avait trouvé ce qu'il cherchait. Comme s'il était venu ici juste pour elle, il pouvait dire que cela la déstabilisait.

Elle inclina également la tête, se déplaçant mal à l'aise devant ses paroles élogieuses : « Vous me flattez tellement. Qu'est-ce qui vous amène jusqu'en Albanie, monsieur ? »

Monsieur. Occluant instantanément, il fit tomber ses murs mentaux, empêchant toute spirale supplémentaire. Cette sorcière savait exactement quoi dire pour le faire se tortiller, la chaleur lui rougit les joues. La surprise interrompit sa réflexion : « Vous êtes anglaise ? Votre accent… »

« Je suis une créature du monde, j'ai pris un peu d'accent dans les nombreux endroits où j'ai vécu, j'en ai peur », dit-elle en riant doucement, le son était angélique. « Je suis née en Indonésie, mais j'ai beaucoup voyagé depuis que je suis jeune. Vous y entendrez aussi un peu de français  », s'arrêtant, attendant une réponse.

« Il y a beaucoup de choses que je n’ai pas encore vues dans le monde, je suis envieux. Mais je suis en Albanie pour affaires, j’en ai peur. Rien d’aussi glamour », a-t-il écrit, sa réponse préparée roulant sur sa langue. « Je travaille dans l’approvisionnement en objets d’art, je suis en ville à la recherche d’un objet rare à acquérir pour un acheteur très motivé », a-t-il déclaré, le seul au courant de sa blague privée, en joignant les mains derrière son dos.

« Un vrai chasseur de trésors alors, Monsieur-? »

« Jedusor, mais s'il te plaît, appelle-moi Tom », dit-il en baissant consciencieusement la tête.

« Tom, alors. Nagini Gunawan. » Elle tendit la main pour qu’il lui sert, et ce faisant, elle libéra la robe de chambre qu’elle pressait contre elle, le tissu flottant. Se sentant comme s’il passait un test en évitant son décolleté, il garda les yeux fixés sur les siens tandis qu’il portait délicatement sa main à ses lèvres, s’attardant sur chaque phalange.

« Alors, es-tu un serpent doué en magie comme ton homonyme ? » Tenant sa main dans la sienne, refusant de la lâcher, il continua : « Je suppose que cela ressort de ta performance de ce soir. Tu semblais extrêmement à l'aise avec le serpent, la plupart des sorcières que je connais ne resteraient pas aussi calmes avec des crocs si près de leur gorge. »

Alors qu'il était celui qui essayait de la séduire, c'était lui qui se sentait ensorcelé en la regardant dans les yeux. Bien que l'attirance soit évidente, elle avait beaucoup voyagé, était cultivée, brillante et puissante, mais Nagini était bien plus que ce qu'il pensait. Essayant d'avoir l'air cool et posé, il savait qu'il n'en avait pas l'air.

Le sang de Tom coulait dans des directions opposées, il ne savait pas s'il devait irriguer son visage ou sa queue. La sueur commença à s'accumuler à la base de sa colonne vertébrale, il pria tous les dieux existants pour que ses paumes ne commencent pas à devenir moite en serrant sa main dans la sienne.

Elle leva les sourcils et lui sourit d'un air entendu : « Vous seriez étonné de voir à quel point il en faut pour me faire peur, M. Jedusor. » Retirant sa main, elle retourna dans sa chambre, s'éloignant de l'endroit où il se tenait dans le couloir.

Le défi inattendu fit chanter son sang, sa queue tressauta dans son pantalon, lui rappelant inutilement sa présence. Salazar, ce qu'il ferait à cette sorcière. Les actes sombres qu'il lui montrerait la feraient ravaler ses paroles. Mais il espérait qu'elle n'exagérait pas, elle aurait besoin d'une volonté de fer pour ce qui allait arriver, pour supporter les actes horribles dont elle serait obligée d'être témoin à ses côtés.

« Tom », la réprimanda-t-il, espérant que cette familiarité la rapprocherait de lui.

« Tom. » Elle regarda derrière elle, semblant fixer la vieille horloge en bois au tic tac bruyant sur sa coiffeuse. « Il se fait tard, je suis si heureuse que tu aies apprécié le spectacle. J'espère que tu apprécieras le reste de ta visite… » Elle commença à fermer la porte.

La panique s'empara de lui, il était à court de temps. Tom saisit le chambranle de la porte et pressa une main contre la porte elle-même, s'approchant d'elle, l'enfermant. « Je devais partir demain matin, mais mon Portoloin a été retardé », dit-il précipitamment, « et je serai en ville encore quelques jours. J'apprécierais un guide digne de ce nom pour me faire visiter les environs. Et je voudrais vous remercier comme il se doit pour votre performance exceptionnelle. » Sa voix baissa, son regard changeant et hypnotique, tentant de la captiver.

Une rougeur monta dans sa poitrine jusqu'à son cou, et elle le couvrit de sa main, cachant à quel point ses paroles l'affectaient clairement. « Demain, je quitterai le village, c'est mon seul jour de congé cette semaine... » Ses yeux se tournèrent de nouveau vers le sol derrière elle avec plus d'anxiété, ses cheveux tombant sur son visage alors qu'elle reportait son regard sur Tom.

« Le lendemain, alors ? » Il se pencha en avant, saisissant une de ses main dans la sienne tout en replaçant une mèche égarée derrière son oreille avec l'autre, il sortait tous ses mouvements les plus efficaces. Les sorcières étaient généralement bien au-delà de l'évanouissement à ce stade. La défiance s'insinua dans son regard alors qu'elle le regardait en retour, la terreur envahissant Tom en une vague alors qu'il réalisait qu'il avait complètement perdu le contrôle de la situation.

Elle retira sa main, doigt après doigt, et se força à dire : « Je suis une femme très occupée, M. Jedusor. Je suis sûre que vous trouverez une autre sorcière… une plus enthousiaste et…  disponible  … pour vous montrer notre belle ville. » Elle ferma encore un peu la porte. Juste avant qu’elle ne se ferme complètement, il cala son pied à l’intérieur. C’était sa dernière chance, il devait être audacieux. Elle semblait avoir un bon sens de l’humour.

« Mais pourquoi est-ce que ton manque de disponibilité et ton impassibilité sont si...enchanteurs ? »

Ses sourcils se froncèrent, devenant plus frustrée qu'amusée. « Parce que vous semblez être le genre d'homme, M. Jedusor, à qui on ne dit pas souvent non. »

Avec une dernière poussée, la porte se verrouilla, laissant Tom perplexe dans le couloir. Il pouvait voir son ombre sous la porte, elle était toujours là à l'écouter, attendant de l'entendre partir. Pressant ses deux mains sur la barrière qui les séparait, il se pencha : « Dormez bien, Mlle Gunawan. J'ai hâte de découvrir davantage votre magnifique... » Sa voix baissa, suggestive, « village. Quand vous serez prête à me le montrer. »